SECURITE RESEAU HACKING DECRYPTAGE ENTREPRISE ATTAQUE


Les hackers sollicités

Obtenir des données bancaires confidentielles? Moins cher avec un hacker. Les Etats pourraient utiliser des pirates du Web, plus rentables que les informateurs, pour infiltrer nos banques


C'est un grand pas pour le Conseil fédéral, mais seulement un petit pour la lutte contre la cybercriminalité. Jeudi, nos sept Sages se sont prononcés en faveur d'une «accentuation de la surveillance des activités déployées sur Internet». Ils entendent notamment contrôler d'encore plus près «les sites djihadistes et des milieux extrémistes violents», afin d'écarter tout risque d'attentat terroriste.

«Ils se penchent sur le problème. C'est bon signe», remarque Marco Ricca, cofondateur d'ILION et directeur d'IRIS (deux sociétés suisses à la pointe de la sécurité informatique). Mais c'est encore trop peu. Car, plus que des extrémistes, la Suisse devrait se protéger du danger que présentent désormais les gouvernements. «L'affaire entre l'Allemagne et le Liechtenstein apporte la preuve que les Etats n'hésitent pas à commettre des délits dans d'autres Etats souverains et à violer leur secret bancaire. Et laisse désormais entrevoir la possibilité pour les gouvernements d'engager des hackers pour pirater les banques et y puiser toutes les informations qui les intéressent.»

Les banques suisses peuvent trembler. Ces intrusions informatiques risquent en effet de se multiplier, car, d'après Marco Ricca, elles représentent une technique très rentable. «Au niveau du résultat, soudoyer un informateur ou payer un pirate du Web, ça revient au même. Mais la deuxième option est beaucoup moins chère et moins risquée.» L'identité de l'informateur finit toujours par être révélée. Alors que le criminel informatique peut opérer depuis l'autre bout du monde, en tout anonymat. «Du coup, ça fait baisser le prix», explique le spécialiste.

En misant sur le hacking, combien les services secrets allemands auraient-ils économisé? «Je pense qu'ils auraient pu s'en sortir à un quart du prix. Avec 1 million d'euros, ils n'auraient eu aucune difficulté à recruter quelqu'un pour récupérer cette fameuse liste des fraudeurs du fisc.»

Jeu d'enfant
Pirater une banque semble être un jeu d'enfant. Les établissements suisses doivent donc impérativement protéger leurs systèmes informatiques. «La Confédération devrait aussi agir de manière préventive, ajoute Marco Ricca. En commanditant et finançant des tests d'intrusion dans les banques. Ou en élaborant une norme à laquelle les établissements devraient souscrire pour obtenir la licence bancaire et qui permettrait de s'assurer un niveau de sécurité suffisant.» La survie du secret bancaire suisse en dépend.



Posté le 09 mars 2008 par Jeremy Amiot - source lematin.ch


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